Nostalgie
C’est tout de même une étrange sensation de relire mes propres mots. Eux qui initialement étaient promis à l’oubli et la poussière. Je m’émerveille de leur capacité à ranimer ces instants passés fussent-il réels ou imaginaires. Il me semble loin le temps où, consciencieusement mais automatiquement, je notais mes journées.
Légèreté de l’acte, sans la sanction d’une révision critique… j’écrivais ce journal sans la moindre arrière pensée, sans préjuger des conséquences. Aujourd’hui, ce vaste effort me semble futile et inutile. En effet, à quoi bon écrire si ce n’est que du vent ! Malgré tout j’aspire à continuer car toutes ces pages me structurent.
Drôle d’idée - un squelette de mots, c’est pourtant singulièrement l’image que je retire de cette accumulation de notes. J’ai la nostalgie de ces instants furtifs qui resurgissent au détour d’un paragraphe, sous une rature, dans les blancs qui rythment le texte. J’admire ces pages blanches, promesses de futurs improbables, aujourd’hui immense désert.